L’égalité femmes-hommes dans les directions des CCN

En juillet 2021, l’ACCN décidait de lancer un chantier sur l’égalité femmes-hommes dans les postes de direction des Centres chorégraphiques nationaux, après la publication d’une shortlist non-paritaire lors d’un processus de renouvellement de direction.  En effet, au fil des années, le nombre de chorégraphes femmes dirigeant les Centres chorégraphiques nationaux s’est effondré, au profit d’une majorité de CCN dirigés par des chorégraphes hommes.

Un état des lieux alarmant

L’inégalité pointée par l’ACCN se traduit par les données suivantes, sans évolution depuis :

  • L’inégalité pointée par l’ACCN se traduit par les données suivantes, sans évolution depuis:
    3 CCN seulement sont dirigés exclusivement par des femmes : Olivia Grandville à Mille Plateaux – CCN de La Rochelle, Maud Le Pladec au CCN d’Orléans, Ambra Senatore au CCN de Nantes.
    En d’autres termes, seuls 15,79% des CCN sont dirigés par des femmes seules.

 

  • 2 CCN sont dirigés par des binômes paritaires : Héla Fattoumi et Éric Lamoureux à Viadanse – CCN de Belfort, Aina Alegre et Yannick Hugron au CCN de Grenoble.
    En d’autres termes, 10,53% des CCN sont codirigés par des binômes paritaires.

 

 

Les 12 autres CCN, soit 63,15% du réseau des CCN, sont dirigés exclusivement par des hommes seuls.

Le rapport de l’ACCN, une étape de travail

Ce chantier s’est construit autour de plusieurs entretiens menés avec les directeur·rice·s de CCN alors en poste, de questionnaires envoyés à des chorégraphes à la tête de compagnies indépendantes, de travaux de chercheur·se·s, de militant·e·s et d’étudiant·e·s, ainsi que d’un séminaire au Centre national de la danse réunissant plusieurs personnalités du secteur chorégraphique.

Ces différentes ressources ont permis à l’ACCN de rédiger un rapport qui a été présenté publiquement le vendredi 14 avril 2023 au Carreau du Temple, téléchargeable ci-dessous.

Ce rapport, produit avec le soutien du ministère de la Culture, permet d’objectiver et de nommer cette situation persistante, d’en comprendre les facteurs et de formuler des préconisations pour agir ensemble contre cette inégalité.

Autour de l’étude

L’ACCN poursuit ce travail, en organisant notamment des temps de réflexion communs sur cette problématique, à l’échelle du secteur chorégraphique, lors de temps forts du spectacle vivant (Biennale de la danse de Lyon, BIS de Nantes).

Le réseau des CCN s’est également engagé collectivement à une vigilance accrue à l’égalité femmes-hommes par la signature d’une charte, le 11 juillet 2023. Par ce texte, les CCN assument publiquement le principe de « parité réparatrice », termes empruntés à Reine Prat, c’est-à-dire un possible déséquilibre entre les femmes et les hommes, au bénéfice des femmes, tant dans les futurs recrutements administratifs que dans le nombre supérieur de compagnies accompagnées dirigées par des femmes.

Les CCN invitent également le ministère de la Culture et les collectivités territoriales à agir en faveur de l’évolution des pratiques pour enrayer cette inégalité à l’échelle du secteur chorégraphique.